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    Chambres d'hôtes de Charme en Provence

Le Mont Ventoux, géant de Provence

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Depuis les chambres d'hôtes de l'Esclériade, et au delà des ruines du Château d'Entrechaux, on ne peut pas manquer le Mont Ventoux qui culmine très exactement à 1909,69 (et non 1911 ou 1912) mètres au dessus des plaines du Vaucluse et de la Provence. On n'en distingue cependant pas la tour, haute de 40 mètres, érigée en 1966, qui ponctue son sommet. Elle est en effet cachée par une petite colline qui surplombe la vallée du Toulourenc et il faut se décaler sur la droite pour l'apercevoir.

C'est dans cette tour que les appareils d'observation météorologique ont enregistré des vitesses de vent effarantes : 313 km/h pour le mistral en 1967 (vent dominant qui souffle 215 jours par an) et 320 km/h pour le vent marin, également en 1967.

Tout a été dit et écrit sur le Mont Ventoux et l'article qui lui est consacré dans Wikipédia est très complet : article Wikipédia.

Nous vous proposons ci dessous un très beau reportage photographique réalisé par Dominique Pongi durant l'hiver 2012/2013 qui illustre la rigueur et la beauté de l'hiver au sommet du géant de Provence. La neige y est en effet présente durant 140 jours en moyenne et le sommet n'est accessible qu'à partir de mi-avril depuis Sault et Bédoin et à partir de mi-mai depuis Malaucène. Le col est infranchissable chaque hiver de mi-novembre à mi-mai.

Nous vous proposons également un très joli texte écrit sur l'ascencion du Ventoux au départ de Brantes.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Ventoux ne doit pas son nom aux vents qui le balayent, qu'ils s'appellent Mistral blanc, Mistral noir, Matin ou Ventoureso.

Non, Ventoux vient de la racine indo-européenne ven(t) ou vin(t) qui désignait une hauteur nettement visible, que l'on pouvait voir de loin. D'où, dès l'antiquité, le nom de Vintur pour désigner cette montagne déjà divinisée, nom qui deviendra en provençal Ventor, puis Vintour et enfin Ventoux.

A noter que cette racine "vent" a donné naissance en provençal au nom Venturi, ancien nom de la Montagne Saint victoire qui surplombe la campagne d'Aix en Provence.

Le Mont Ventoux, paradis de la petite reine

« N'est pas fou celui qui monte au Ventoux. Est fou qui y retourne » (dicton) 

Les chambres d'hôtes de l'Esclériade et le champ de lavande
Le Ventoux vu des Chambres d'hôtes
Les chambres d'hôtes à Brantes et le Ventoux
Coucher de soleil sur le Ventoux


Tout au long de la saison, les chambres d’hôtes de l’Esclériade reçoivent des amateurs de cyclisme qui viennent s’attaquer aux pentes du Mont Ventoux.  Depuis que le tour de France l’a gravi une première fois en 1951, avant d’y revenir à 14 reprises, le Ventoux est devenu une référence incontournable, un col légendaire, un lieu mythique, un bonheur pour certains, un cauchemar pour d’autres.

François Pétrarque, qui, dit-on, l’avait gravi à pied en 1336, ne s’y était pas trompé, qui écrivait :

« Les épreuves que tu as endurées tant de fois, aujourd'hui, dans l'ascension de cette montagne, sache bien que tu les rencontres aussi, toi-même comme tant d'autres, dans la recherche du bonheur....nombre d'escarpements coupent cette route et font avancer de vertu en vertu, par des degrés éminents. Sur le sommet est le but suprême, le terme de la route vers lequel tend notre voyage. »

Pour sa part, Adrien Benoît témoignait en 1902 : « L'ascension du Mont-Ventoux demande 7 heures en voiture, 6 heures à pied et 3 h ½ pour un cycliste entraîné (développement 3 m au maximum). La descente vertigineuse, en roue libre, sur les pentes caillouteuses à 12 % est une dangereuse acrobatie. J'ai brûlé deux freins et une paire de jantes en bois. Avis aux amateurs ! "

Le premier temps chronométré depuis Bédoin à été établi en 1908 par Jacques Gabriel, bûcheron à Bédoin, sur un vélo pesant 15 kilogrammes et développant 5,10 mètres, en 2 heures et 29 minutes. Pour sa part, en 1903,  Marthe Hesse, vêtue en robe longue et capeline, avait été la première femme à gravir le géant de Provence sur un vélo, en 3 heures et 30 minutes, sur une route alors en terre.

Depuis ces pionniers, ils sont près de 100 000 d'après des comptages officiels à s’attaquer tous les ans au géant de Provence, sur leurs traces et sur celles de Charly Gaul, Raymond Poulidor, Eddy Merckx, Richard Virenque ou Christopher Froome. Beaucoup s’arrêtent un instant à hauteur de la stèle dédiée à Tom Simpson, victime de la canicule, mort en 1967 en pleine ascension à quelques hectomètres du sommet.

Des trois versants du Ventoux, le plus terrible, celui que les cyclistes se fixent pour objectif, est le versant sud qui part de Bédoin. Sa pente n’est pas la plus exigeante que l’on puisse trouver en Europe (tout juste 11% à son maximum), mais l’épreuve se prolonge sur 21,6 km. Après un départ tranquille, la route se dresse brutalement au détour du fameux virage de Saint Estève et offre alors 9 kilomètres d’une pente toujours comprise entre 9 et 10%. Ce pourcentage s’adouci un peu à compter du Chalet Reynard mais, dans un décor lunaire avec des points de vue à couper le souffle, les éléments se déchaînent très souvent : Chaleur suffocante ou froid polaire le tout agrémenté d’un vent omniprésent qui peut renverser des cyclistes au bien nommé col des tempêtes à 1 kilomètre du sommet. Le dernier kilomètre, à 10%, paraît interminable : Le sommet semble être à portée de main mais plus l'on s'en approche plus il semble s'éloigner, impression renforcée par les bornes kilométriques qui annoncent sommet à 2 kilomètres alors qu'il en reste en fait 2,5 ! 

D'après un poème d'Arsène Maulavé


En l’an cinquantième de mon âge,
La figure et le front en nage,
Je t’ai maté ô grand Mont Ventoux
Certes j’avais mal aux genoux
Mais je dois à mes seuls mollets
Et mon unique volonté
D’avoir grimpé sauvage et fière
Jusqu’à ton sommet découvert
Où j’arrivais ivre de joie
Sur mon trente-quatre-vingt-trois.



Le tour de france vu de la maison d'hôtes
Catherine, propriétaire de l'Esclériade

Le record de l’ascension est détenu par l’Espagnol Iban Mayo en 55 minutes et 51 secondes à l’occasion du Critérium du Dauphiné en 2004, à une époque où, le juraient-ils, les cyclistes professionnels ne buvaient que de l’eau claire.

Les amateurs aguerris ne sont pas en mal de records : Les "Masterseries", organisés fin juin de chaque année regroupent des téméraires capables de rejoindre le sommet, au départ de Bédoin, un minimum de 5 fois en 24 heures. Le record  masculin, détenu par Mark Haycraft est de 9 ascensions et le record féminin est celui d'Isabelle Esclangon avec 8 montées. Pour sa part, hors Masterséries, en 2006, Jean-Pascal Roux  a réussi successivement onze ascensions sur 24 heures toujours au départ de Bédoin (Stéphane Rubio réalisant pour sa part le même exploit au départ de Malaucène) !

Ceci étant, il existe un débat dans le monde du cyclisme. Il y a ceux qui affirment que l’ascension par Bédoin est plus difficile que celle par Malaucène et ceux qui affirment le contraire. De fait, pour des longueurs et des dénivelés à peu de choses près identiques, le pourcentage maximum par Malaucène est plus important mais il y des zones (courtes) de replat où la récupération est possible. Un sage (et pratiquant) a écrit que ceux qui peuvent monter par l’un des deux côtés sont capables de monter par l’autre et que la vraie différence est celle entre le Ventoux du matin et le Ventoux de l’après midi. Au final l'expérience montre que pour un même pratiquant les temps de montée sont équivalents.

La Confrérie des Cinglés du Mont-Ventoux, créée en 1988, accueille parmi ses membres ceux qui ont gravi le "Géant de Provence" par ses trois routes principales successivement et dans la même journée. Ils sont à ce jour plus de 5800, de tous pays, à avoir réussi cet exploit, dont 70 femmes...

Mais il n'y a pas qu'à vélo que le Mont Ventoux inspire les défis les plus insensés. En 2010, Daniel Gauci a réussi à pied cinq montées successives en 24 heures au départ de Malaucène (le record de la montée la plus rapide à pied appartenant à aimé Arnaud en 1 h 35 au départ de Bédoin). Plus fou encore, un belge âgé de 59 ans à mis 9 heures en 2011 pour vaincre le Mont Ventoux à pied, mais en marche arrière !

Et pour terminer...

Une descente terrifique effectuée par un Kamikazé sur un vélo de route et sur route ouverte, exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire.

Il reste cependant que les images sont impressionnantes comme l'est la maîtrise du pilote.